Pour que la mer soit un pont, pas un mur
Tunis
De Malika
Arrivés à Tunis, libres avec le peuple.
Nous avons jeté l’ancre à Tunis. Nous commes au cœur d’un pays petit par la taille mais immense par le cœur. Ici, nous découvrons plus qu’une terre d’accueil : un peuple frère.
Depuis que nous sommes arrivés, chaque signe que nous portons : un badge, un t-shirt, un keffieh, est reconnu. Dans les cafés, les ruelles, on nous regarde en nous disant : « Free Palestine ». Les sourires sont sincères, les mots pleins d’émotion, les mains se tendent. Nous ne sommes pas étrangers ici, nous sommes accueillis comme des membres d’une lutte commune.
Des drapeaux palestiniens recouvrent les vitrines et les murs de certains magasins. Dans les conversations, le nom de Gaza et de la flottille reviennent comme une évidence. Le peuple tunisien ne se contente pas de compatir : il soutient, il partage, il agit et se souvient. C’est ici que le vent du printemps arabe s’est levé. Et c’est ce même vent, aujourd’hui, qui porte les voix et les espoirs de ceux qui veulent briser le blocus.
Hier, lorsque les bateaux partis d’Espagne sont arrivés, la foule tunisienne les a accueillis avec une ferveur rare. C’était plus qu’un moment symbolique : c’était une promesse de solidarité avec Gaz. On a senti que ce combat n’était pas seulement le nôtre, il est porté par des milliers de personnes ici dans cette ville fière et libre.
Tunis est aujourd’hui notre port d’attente. Un entre-deux, une escale imprévue. Mais quelle escale ! Nous marchons dans les rues de cette ville qui parle notre langue : celle de la liberté, de la dignité, de la justice. Contrairement à ce que nous avons vécu au Caire, lors de la Global March to Gaza, où nous avons été confrontés à la répression et à la peur. Ici, nous respirons. Nous pouvons parler, chanter, brandir nos slogans et nos keffieh. Ici, personne ne nous fait taire.
Nous attendons de reprendre la mer. Impatients, déterminés. Mais avant cela, nous emportons avec nous la chaleur d’un peuple, le courage d’une révolution, et le souvenir d’une ville qui, sans le savoir, nous a réconfortés. Tunis nous a rappelé pourquoi nous faisons tout cela.
Pour Gaza. Pour la liberté. Pour que la mer soit un pont, pas un mur.
©Célia
