Forgé par des doigts aimants
Courriel de Malika,
Je partage avec vous ce trésor que j’ai rapporté de ma cellule : un pendentif fait par un prisonnier palestinien qui l’ avait caché dans le creux du mur près des barreaux. Il y en avait cinq fabriqués à partir de pain et d’eau, une sorte de pâte à sel.
J’ en ai donné quatre à Rima et j’ai gardé le plus petit. Côté face on lit : « Salah le martyr, tu es ma plus douloureuse perte ». Côté pile sont inscrits trois prénoms : Rawan, Mohamed et Ibrahim.
Ce pendentif est fait main, forgé par des doigts aimants pour honorer des êtres chers.
Un geste d’amour, une offrande posée dans une cellule insalubre de la prison de Ktzi’ot dans le désert du Néguev.
Aujourd’hui, par un étrange destin, il est dans mes mains ici, si loin de l’endroit où il fut laissé.
Je le porte comme une prière vivante, comme le témoignage d’une présence qui ne s’éteint pas.
Je sais que, derrière ces murs, tant de Palestiniens subissent la douleur et l’injustice.
Je garderai ce trésor comme promesse : me battre, par la parole, par l’action et par la conscience, pour que cela cesse, pour que la Palestine soit libre et que tous les prisonniers retrouvent la lumière.
Que ce petit objet fait main continue d’unir les cœurs malgré la distance.

